GREENHOUSE INVITE MOLECULAR SPECTRUM

Dans la continuité des expositions de la galerie-usine Greenhouse à Saint-Étienne : du travail de la céramique aux impressions in-situe du lithographe Philippe Louisgrand. Emmanuel Louisgrand invite Molecular Spectrum pour transformer la galerie en usine à teintures naturelles.

Pendant 12 jours, l'atelier devient alchimie. Des étoffes en coton biologique vont passer par différents procédés : lavage, mordançage, teinture à l'indigo, garance, réséda, brou de noix.

L'objectif est clair : exploiter le chaos des couleurs brutes, chercher les nuances improbables, accepter que chaque bain soit une expérience plutôt qu'une recette.

Le batik, le marbrage, le shibori. Pas de hiérarchie entre les gestes—juste une démarche technique et expérimentale.

 

ALTOCUMULUS - LE BATIK CAPTURE LE CIEL

Le batik commence par un geste simple : la cire chaude au pinceau, qui trace des damiers irréguliers sur le coton. Elle devient barrière protectrice.

Le tissu plonge ensuite dans le bain d'indigo naturel. Seules les parties non recouvertes se teintent, révélant progressivement ce qui était caché sous la cire. Le dégorgement du surplus d'indigo. L'apparition du motif.

C'est en observant ce bleu-blanc que la collection trouve son nom : altocumulus. Ces nuages qui précèdent l'orage, fragmentés, flottants, presque géométriques.

Parcourez la collection en cliquant ici.

 

COSMIC GALL NUT IRON RUST - LA POÉSIE DU CHAOS

Ici, deux techniques s'entrelacent : la teinture à la noix de galle et le marbrage.

Le bain combine la noix de galle—source de tanin—et le sulfate de fer. Cette rencontre chimique génère une gradation de gris qui semble vivante. Les doses de pigments augmentent tous les 30 minutes environ, créant des strates. Le tissu trempe une nuit entière, approfondissant les nuances.

Mais le vrai pouvoir vient de ce qui échappe au contrôle : la réaction du fer dans le bain laisse apparaître des irrégularités presque vivantes. C'est la signature de l'eau en mouvement, du temps passé, du chaos accepté. Ces variations chaotiques incarnent une poésie organique.

Pour magnifier cette texture, Giorgio Joao applique ensuite une technique de marbrage noir et blanc—des volutes harmonieuses qui dansent sur chaque pièce, donnant une dynamique visuelle unique.

Chaque étole de cette collection est une signature artisanale, édition limitée et numérotée à 10 exemplaires.

UNE DÉMARCHE, PAS UNE PRODUCTION

Ce qui se passe à Greenhouse n'est pas une fabrication en série. C'est un laboratoire visible, où chaque couleur résulte d'une équation entre la volonté et l'accident, entre la technique maîtrisée et le respect des matières naturelles.

Les foulards qui en sortent ne sont pas des produits interchangeables. Ils sont des pièces, au sens galerie. Chacun porte l'empreinte d'un jour, d'une température d'eau, d'un geste au pinceau.